Toulouse-Blagnac : une charte pour maîtriser les nuisances aériennes

Blagnac est la plate-forme aéroportuaire régionale la plus enserrée dans le tissu urbain. 50 000 habitants sont directement soumis au bruit des réacteurs, contre 11 000 à Lyon, 9 700 à Nice ou 3 000 à Strasbourg. Outil majeur du développement de la région, l'aéroport de Blagnac connaît ces dernières années un net accroissement des mouvements d'avions qui réclame la mise en place d'une vraie politique environnementale.

Présentée le 23 juin dernier, la Charte de qualité de l'environnement veut substituer à des mesures purement « restrictives et autoritaires » une approche associant riverains, usagers, syndicats et services de l'État.

Actuellement, la plateforme totalise 100 000 mouvements annuels, pour plus de 5 millions de passagers. Un système de surveillance du bruit et des trajectoires d'avions (Sentinelle) a été créé en 2002 avec le concours financier de la Chambre de commerce et d'industrie de Toulouse. Le premier Plan d’exposition au bruit (PEB, destiné à maîtriser l’urbanisme au voisinage des aéroports) élaboré en 1989 doit être révisé et lancé début 2004. Le futur PEB multiplie la superficie actuelle par quatre et multiplie par 6 la population prise en compte : les servitudes d’urbanisme concerneront alors 36 000 personnes (zone C, « bruit modéré »), tandis que 75 000 habitants devront faire l’objet de mesures d’information sur l’existence d’une zone de bruit (zone D, « bruit supportable »,) et pourront bénéficier d’aides de l'ADEME pour insonoriser un logement. Un arrêté préfectoral invite les mairies à appliquer ce PEB par anticipation. A Blagnac, le PEB a élargi les zones C et D dès 2002, pour les rendre compatibles avec les nouvelles normes.

Les associations de riverains sont quant à elles loin d’accueillir ce nouveau PEB avec enthousiasme : « ce plan d'exposition au bruit n'offre aucune solution au problème des nuisances sonores », rappelle le Collectif contre les nuisances aériennes. Ce dernier déplore que, sur 12 associations de riverains, deux seulement aient participé aux 50 réunions préparatoires en trois ans.