Quand les avions décollent, l’immobilier décote ?

Le Forum contre les nuisances aériennes, constitué d'élus, de responsables d'associations et de citoyens d'une cinquantaine de communes voisines de l’aéroport d’Orly, s'apprête à lancer une étude sur les conséquences immobilières de la réorganisation de l’espace aérien qui a été opérée au printemps 2002. L'association sud-francilienne souhaite surtout se pencher sur le cas des communes dont les habitants ne peuvent pas bénéficier d'aides financières pour insonoriser leur logement, car exclues jusqu'à présent des plans de gêne sonore qui y donnent droit. Selon certains observateurs, la décote immobilière d’un logement due aux nuisances aériennes pourrait atteindre 15 et 30 % de sa valeur. Les professionnels de l’immobilier insistent, eux, sur les disparités observées d’une commune à l’autre, certains villages au charme prononcé apparaissant clairement mieux armés pour lutter contre les décotes. Pour l’association Forum, ce n'est pas aux riverains de faire face aux désagréments mais à l'Etat de faire en sorte de limiter les nuisances aéroportuaires : il n’est donc pas question d'utiliser les résultats de l'étude pour obtenir des aides à l'insonorisation. Pour son président, Philippe Le Fol, maire d'Avrainville, « si l’on arrive à quantifier les décotes, l'Etat donnera peut-être enfin des ordres pour ne pas être obligé de payer.