Bruit autour des aéroports : l’ACNUSA fustige la lenteur des mesures de protection des riverains

Le rapport 2004 de l’Autorité de contrôle des nuisances sonores aéroportuaires (ACNUSA) débute par une lettre adressée au président de la République et au Premier Ministre. L’autorité indépendante y regrette que les préoccupations environnementales liées au transport aérien progressent « de manière désespérément lente ». Les textes et modifications – arrêtés de restriction d’exploitation, installation de systèmes pour l’information du public, nouvelles procédures – demandent des semestres pour être décidés et appliqués.

Pour les aéroports parisiens, le nombre de personnes concernées et le nombre de mouvements sont en croissance constante. Pourtant, à ce jour, on déplore encore l’absence d’un système d’information du public fiable et transparent, liant mesure du bruit et trajectoires. Les révisions des plans d’exposition au bruit de Paris-CDG et de Paris-Orly, qui devraient être réglementairement terminées au 31 décembre 2005, n’ont pas encore commencé…

Concernant l'indemnisation des riverains d'aéroports, l’ACNUSA estime que l’aide doit reconnaître la nuisance subie et la réparer totalement même si cela nécessite des crédits. En 2004, seulement 2155 logements individuels et 514 logements collectifs ont reçu un avis favorable pour conduire des travaux d'insonorisation aidés. Or, selon l'indice Lden (Level day evening night) retenu pour la définition des plans de gêne sonore autour des dix principaux aéroports français, près de 140 000 logements sont éligibles à une aide pour l'insonorisation.

Dans un entretien avec l'AFP, Roger Léron, président de l'Autorité de contrôle, a déclaré qu’il faudrait « injecter grosso modo 1 milliard d'euros sur dix ans, soit 100 millions par an, pour insonoriser tous les logements qui devraient l'être  ». « En 2004, on a affecté 27 millions d'euros aux aides à l'insonorisation, et en 2005, on devrait approcher 40 millions d'euros, soit 40% de ce qu'il faudrait chaque année », précise-t-il.

L’Autorité demande donc une modification de la procédure d’aide et signale qu’il suffirait de 1 euro par passager pour réparer enfin la nuisance subie par des milliers de riverains (6 euros par passager sont perçus pour la sûreté). Les délais d’attribution de l’aide pourraient être notamment accélérés par le groupement des opérations, lesquelles devraient être financées à 100%, diagnostic et travaux compris. La planification des interventions, en commençant par les zones les plus exposées, et la définition et le contrôle des objectifs d’insonorisation, figurent également au rang des préconisations formulées par l’ACNUSA pour accélérer les procédures.

Pour l’année 2005, l’ACNUSA axera donc principalement son travail sur ces deux points, ainsi que sur la définition d’un indicateur complémentaire associant niveau de bruit mesuré, période et fréquences de passage.Source : Rapport d’activité 2004 –www.acnusa.fr