L’Advocnar contre le projet de PEB à Roissy

L’Association de défense contre les nuisances aériennes de l'aéroport de Roissy (Advocnar) a publié le 28 juin 2005 un communiqué de presse dans lequel l’association soulève les incohérences du projet de nouveau Plan d’exposition au bruit. La Commission consultative de l’environnement de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle était consultée ce 28 juin sur l’avant-projet de Plan d’exposition au bruit (PEB1), le précédent PEB de l’aéroport, approuvé le 9 juin 1989, ayant été mis en révision le 7 mars 2002. L’AdVocnar conteste les éléments qui ont servi de base à l’élaboration de ce PEB, et tient à souligner les incohérences du projet.

Trois revirements successifs

En premier lieu, est dénoncé le manque d’assurance pour ce qui concerne la maîtrise des nuisances générées par la plateforme. Dès 1996, en échange de la construction de deux nouvelles pistes à Roissy, décision était prise de créer une nouvelle plateforme à Beauvilliers et de limiter l’activité à Roissy. Mais en 1997, le projet de Beauvilliers était abandonné au profit d’un plafonnement de l’activité à 55 millions de passagers. En 2001, au terme d’un long débat public, le gouvernement concluait à la nécessité d’un troisième aéroport international, et optait pour le site de Chaulnes. Pour ensuite, en 2002, abandonner l’idée d’un troisième aéroport, au profit du maintien de l’indicateur théorique annuel de bruit au niveau de 1997. En 2003, nouveau changement, un nouvel indicateur d’énergie sonore annuelle faisait son entrée. Elaboré à partir du bruit mesuré au sol en temps réel, il prend pour référence la moyenne extrapolée des années 1999, 2000 et 2001.

Des hypothèses de trafic jugées peu réalistes

Les hypothèses d’évolution du trafic retenues pour l’élaboration du PEB sont, pour la projection qualifiée de haute, de 680 000 mouvements en 2025. L’Advocnar juge peu crédibles ces projections, sachant que Roissy a déjà compté 526 000 mouvements en 2004 et compte tenu des taux de croissance du trafic auxquels on peut s’attendre.

Les risques sanitaires non pris en compte

L’association rappelle que les effets de l’exposition chronique au bruit sur les pathologies cardio-vasculaires et psychiatriques sont connus, de même que ceux de la pollution chimique sur les pathologies broncho-pulmonaires et allergiques. Elle souligne aussi qu’en l’occurrence, une prestigieuse revue médicale internationale The Lancet, vient de publier début juin les résultats de recherches menées sur 2800 enfants de 9 à 10 ans en Angleterre, Espagne et Hollande, des travaux qui montrent que les élèves inscrits dans une école située près d’un grand aéroport ont davantage de difficultés d’apprentissage, en particulier dans l’acquisition du langage écrit.

Pour ces raisons, l’Advocnar s’oppose à ce projet de révision du PEB, estimant qu’il cautionne le développement du trafic à Roissy et l’augmentation du nombre de personnes exposées aux nuisances. L’association de défense souligne une nouvelle fois « l’absolue nécessité d’utiliser une plateforme implantée en site non urbanisé, qui permettra d’absorber l’évolution du trafic, et d’instaurer un couvre-feu la nuit à Roissy  ».

1 Le PEB est un document visant à éviter que de nouvelles populations ne soient exposées aux nuisances sonores générées par l’activité de l’aéroport. Il délimite à ses abords quatre zones de bruit à l’intérieur desquelles des restrictions d’urbanisation sont instaurées. A l’intérieur des zones A et B (bruit fort), seuls sont autorisés les constructions à usage d’habitation et les équipements publics ou collectifs liés à l’activité aéronautique, les logements de fonction et les constructions nécessaires à l’activité agricole. Dans la zone C (bruit modéré), les constructions individuelles non groupées sont autorisées à condition d’être situées dans un secteur déjà urbanisé, et de n’accroître que faiblement la capacité d’accueil de ce secteur. Dans la zone D (bruit faible), les constructions doivent faire l’objet de mesures d’isolation acoustique renforcées.