Les effets des nuisances aériennes sur la scolarité des enfants

Intitulée « Effets des nuisances aériennes sur la scolarité et la santé des enfants », l’étude a été commanditée par le Collectif Santé Nuisances Aériennes et réalisée par le Centre de Recherche Espace, Transport, Environnement et Institutions Locales (Université Paris XII), avec le soutien du Conseil général du Val d’Oise et de la Communauté d’agglomération Val et Forêt. Ce travail fait une rapide synthèse des publications et des connaissances sur les effets des nuisances aériennes sur la scolarité des enfants.

Peu étudiées chez les enfants en France, les effets des nuisances aériennes ont donné lieu à des études épidémiologiques à l’étranger mettant en évidence des effets sérieux affectant l’apprentissage scolaire, l’état psychologique et le comportement, sans oublier des effets physiologiques (cardiovasculaire et hormonal). L’étude rappelle que le bruit émis par les avions perturbe ainsi l’apprentissage des acquis fondamentaux et le développement cognitif des élèves, notamment dans les tâches requérant la compréhension du langage (compréhension de la parole, réalisation de tâches complexes, apprentissage de la lecture). En outre, les tâches complexes faisant appel à des capacités d’attention régulière et soutenue, de concentration, de motivation ainsi que de mémorisation, sont particulièrement affectées par le bruit des avions.

Les effets physiologiques méritent des recherches approfondies car ils sont encore peu renseignés, notamment en France. Le bruit des avions, par le stress qu’il est susceptible d’occasionner, semble bien avoir une influence sur le système hormonal des enfants. Autre enseignement de ce travail bibliographique, les troubles du sommeil et leurs effets sur le système cardiovasculaire imputables à une exposition à des niveaux élevés de bruit.

Selon les auteurs, l’expression de la gêne, chez les enfants comme chez l’adulte, est liée à un désagrément significatif et dépendrait aussi de la capacité individuelle à connaître et à exprimer les effets du bruit sur sa propre santé. Les enfants sont donc une population particulièrement vulnérable. La gêne, le stress, les problèmes de comportements causés par le bruit des avions méritent une attention particulière dans la mesure où les mécanismes de ces troubles sont encore peu connus, que les études demeurent peu nombreuses et que les conséquences conditionnent aussi la qualité de l’apprentissage des enfants et leur bien-être général.

Conclusions ? La limitation de l’impact du bruit dans le domaine de l’éducation doit être considéré comme un enjeu de santé publique. La diffusion de l’information, les moyens de communication et de concertation, ainsi que des mesures de protection constituent aussi des outils indispensables pour une meilleure connaissance de cette nuisance en milieu scolaire, autant qu’une réponse à une demande devenue de plus en plus forte de la part des populations survolées.

Une conférence de presse présentera cette étude le vendredi 26 octobre à 15h00 à la mairie de Saint-Prix (95), en présence de Guillaume Faburel, maître de conférence à l’Institut d’urbanisme de Paris et chercheur au C.R.E.T.E.I.L. et du docteur Jean-Pierre Enjalbert, maire de Saint-Prix et conseiller général du Val d’Oise (contact : Emilie Berthé - 01 34 27 44 76).« Effets des nuisances aériennes sur la scolarité et la santé des enfants » - Etude commanditée par le Collectif Santé et Nuisances Aériennes (CSNA) - Réalisée par S. Charre et G. Faburel, du Centre de Recherche sur l’Espace, les Transports, l’Environnement et les Institutions Locales (C.R.E.T.E.I.L., Université Paris12) – 15 pages