Le bruit facteur d’accidents du travail

Le bruit et les efforts physiques contribuent pour une large part au risque d’accident, tout comme un rythme de travail intense, des horaires imprévisibles, un manque de soutien du collectif de travail ou des tensions avec le public. Tels sont les principaux enseignements à retenir de la publication « Dares - Premières informations et premières synthèses - Accidents et conditions de travail » publiée fin juillet par le ministère du Travail. Cette synthèse est issue de données collectées dans le cadre de l’enquête SUMER réalisée en 2003 par la Direction des relations du travail et la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) ; elle dresse un état des lieux des expositions des salariés aux principaux risques professionnels en France métropolitaine.

Au-delà des caractéristiques des salariés, des conditions de travail difficiles s’accompagnent souvent d’un risque accru d’accident. Cette observation est particulièrement vraie dans le cas du bruit : en présence d’un niveau élevé de bruit (soit un niveau sonore de plus de 85 dB(A), ou avec des chocs et impulsions, plus de 20 heures par semaine, précise le rapport), 8,6 % des salariés ont eu un accident avec arrêt de travail au cours des douze mois précédant l’enquête. Pour la Dares, en effet, un « bruit intense et permanent peut contribuer à relâcher la vigilance ou à empêcher la perception d’un danger ». Les nuisances thermiques (chaud, froid, intempéries), dans une même proportion, sont elles aussi associées à des accidents plus nombreux. Toutes choses égales par ailleurs – c’est-à-dire indépendamment du statut professionnel, de l’âge, de la profession, etc. –, le bruit accroît de 24 % le risque d’accident avec arrêt de travail.

Selon le rapport, « l'existence d'un soutien de la part des supérieurs et des collègues est un facteur de protection de la santé ». Il semblerait en effet que les accidents du travail soient « plus fréquents pour les salariés qui ne peuvent pas discuter avec leur chef en cas de désaccord sur la façon de faire la travail ». Enfin, chez les salariés qui déclarent avoir le sentiment que l’effectif de leur équipe est insuffisant pour effectuer correctement leur travail, davantage d’accidents sont observés.Dares - Premières informations et premières synthèses - Accidents et conditions de travail - Août 2007 - N° 31.2 - Télécharger le rapport depuis le site du ministère du Travail