Dialogue sur les nuisances causées par les rassemblements motocyclistes à Vincennes

Historique d’un dossier difficile

Chaque vendredi soir, jusqu’à 3000 motocyclistes se réunissent sur l'esplanade du château de Vincennes. Ce rassemblement se tenait auparavant à Rungis, mais à la suite d'accidents mortels, il a été déplacé à Paris-Bastille, puis, en 1984, à Vincennes. Cette manifestation débute vers vingt et une heures pour se terminer sur l'esplanade Saint-Louis, dans le XIIe arrondissement de Paris, aux alentours de une heure du matin. La traversée des communes avoisinantes – Saint-Mandé, Fontenay-sous-bois, Vincennes, Joinville, Nogent et Paris –, et le passage devant l'hôpital d'instruction des armées Begin et la maternité du même nom, causent des nuisances sonores conséquentes. Certes, des mesures ont été prises par l'Etat et les communes, tels le renforcement des contrôles de police, ou l'ouverture d'itinéraires de délestage. Malheureusement, protégés par l'anonymat de la masse, certains motards se livrent à des courses le long des avenues – agissements dénoncées par moult pétitions. Si la réunion des motards est légitime, le choix de l'esplanade du château de Vincennes, au cœur d'une intense zone urbaine, peut sembler mal adapté. Il a été envisagé de déplacer ce mouvement au circuit Carole, en Seine-Saint-Denis, mais cette proposition n'a à ce jour pas abouti.

A la fin des années 1990, l’implantation de ce rassemblement sur un site urbain et résidentiel était contestée. L'attention du préfet de police a été appelée par les maires des communes environnantes et par des riverains en raison des nuisances sonores dues au nombre important de motocyclistes qui allaient et venaient autour de l'esplanade. La préfecture de police a organisé une réflexion pour pallier les contraintes provoquées par ces rassemblements, en collaboration avec la préfecture d'Ile-de-France, la Mairie de Paris et les élus des communes riveraines. Deux barrages, maintenant une circulation normale des véhicules et obligeant les motards à emprunter des voies moins urbanisées, ont été mis en place par la préfecture afin d’encadrer le rassemblement. Les nuisances sonores s’en sont trouvées réduites. Les services de police ont noté une érosion du nombre de participants au cours des années et un comportement moins bruyant de la part des motards. Toutefois, les effectifs de police ont maintenu leurs contrôles : du 9 février au 9 mars 2003, 101 procès-verbaux ont été rédigés, dont quinze pour excès de vitesse et six liés aux nuisances sonores.

En juillet 2002, la Mairie de Paris a été chargée de mener une étude sur un site de substitution, en dehors de zones fortement urbanisées. Le ministre de l'intérieur a également demandé au préfet de police de réunir une commission regroupant toutes les parties concernées. En attendant, la préfecture de police a intensifié ses actions de contrôle routier, dans le cadre du plan de lutte contre l'insécurité routière. En réaction, les motards ont établi un barrage avenue de Paris à Vincennes pour protester contre ces mesures jugées coercitives.

Deux groupes de travail créés

Conformément à ce qu'avait annoncé le Ministère de l'Intérieur, de la Sécurité Intérieure et des Libertés Locales, une réunion s'est tenue le 25 avril 2003 à la Préfecture de Police avec l'ensemble des acteurs concernés. Il a été décidé d’un commun accord de créer deux groupes de travail. Un groupe de travail relatif aux itinéraires d'accès au site sera animé par la Direction de l'Ordre Public et de la Circulation de la Préfecture de Police en association avec les maires des communes riveraines (Vincennes, Saint-Mandé, Paris), la Préfecture du Val-de-Marne et la Fédération des Motards en Colère. Cette mesure sera accompagnée d'une campagne de relevés sonométriques afin de disposer d'éléments objectifs qui seront communiqués à toutes les parties. La Fédération des Motards fera également des propositions pour améliorer l'encadrement de la manifestation.

L’autre groupe de travail concerne la recherche de solutions adaptées à ce type de rassemblement répondant aux besoins des motards. La Préfecture de Région a accepté de piloter ce groupe de travail. Les participants ont convenu de rendez-vous réguliers afin de dresser un bilan de l'avancée des travaux.