Le principe pollué-payeur de l’exposition au bruit des transports terrestres

Dans un article daté du 25 juin 2008, le Journal de l’environnement publie une interview de Dominique Bidou. Le président du CIDB, qui a présidé le comité opérationnel en charge du bruit dans le cadre du Grenelle de l’environnement (COMOP 18), y évoque les principales questions discutées à cette occasion. En substance, M. Bidou déplore que seulement 450 millions d’euros soient débloqués pour lutter contre le bruit lié aux infrastructures routières, ferroviaires et aériennes, en regard du coût estimé du bruit des transports, qu’il évalue entre 5 à 10 milliards d’euros par an (en santé, absentéisme, dépréciation de la valeur de biens immobiliers, etc.). Que faire alors ? Soit répercuter ce coût dans les impôts, soit appliquer le principe pollueur-payeur. Alors qu’actuellement, sauf pour le transport aérien, on est, selon la formule employée par M. Bidou, dans un principe « pollué-payeur » ! Mais, pour lui, un tel dispositif ne s’entend que dans le cadre d’un dispositif européen. D’ici là, des instruments grossiers pourraient abonder les financements nécessaires, comme par exemple augmenter très légèrement la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) pour financer les isolations de façade le long des routes. Quant à la résorption des points noirs du bruit des transports terrestres, M. Bidou estime qu’il faudrait essayer de [traiter l’isolation thermique] de façon conjointe avec l’amélioration acoustique. L’acoustique bénéficierait alors de ces grands programmes de travaux, menés sur des périmètres assez larges pour mobiliser une maîtrise d’œuvre technique pluridisciplinaire.

Source : JDLE - article du 25 juin 2008