Le Val d’Oise et la maîtrise des nuisances sonores

Le Conseil général du Val d’Oise a publié en juillet son rapport environnement 2004. Signe de l’intérêt que porte la collectivité à l’enjeu du bruit, deux pages y sont consacrées aux actions du département en matière de réduction des nuisances sonores, tout particulièrement aériennes. Le bilan de ces actions.

La politique de maîtrise des nuisances sonores aériennes

Le CG95 n’a de cesse de dénoncer l'aggravation des nuisances aériennes que supportent les habitants du Val d'Oise en raison de la proximité de l’aéroport de Roissy-CDG. Et pour cause : trafic passagers de 500 000 mouvements annuels, donc 10% effectués la nuit (pour moitié du fret et du courrier postal), 162 vols entre 23h00 et 7h00, dont 100 mouvements entre 0h00 et 4h00 du matin. Or, les nuisances risquent d’augmenter : au vu des surfaces agricoles environnantes, la plateforme est susceptible de connaître un développement de son trafic. Ce qui constituerait une exception européenne. Tenant de l’interdiction des vols de nuit, le Conseil général s’est par ailleurs clairement positionné contre l'ouverture de nouvelles pistes et l'augmentation des mouvements annuels. Rejoignant là le point de vue des associations de riverains, la collectivité territoriale privilégie la solution d'une troisième plate-forme aéroportuaire en région parisienne. Toutefois, les élus valdoisiens sont conscients que la lutte contre les nuisances aériennes, et principalement le bruit, ne peut être réglée aujourd'hui qu'au plan européen, sous peine de voir des phénomènes de concurrence déloyale s’installer entre les différentes plateformes du territoire européen. Le Conseil général a ainsi décidé de porter l'affaire devant les instances de l'Union européenne, proposant, dès septembre 2003, l'instauration d'un couvre-feu européen sur les vols de nuit et la création d'un fonds européen d'aide aux victimes des nuisances. Cohérent avec son refus de voir se développer l'aéroport, le Conseil général a rejeté début 2003 le projet de Plan d’exposition au bruit (PEB) de Roissy-CDG. Un an plus tard, c‘était au tour du Plan de gêne sonore d’essuyer un refus. En cause, l’incohérence avec le PEB : la zone 3 du PGS est en effet fixée à l'indice 55, contre l’indice 57 pour celle du PEB (dite zone C). En outre, des références différentes sont utilisées pour élaborer les courbes isophoniques résultant du calcul de l’indice Lden. En juin 2004, le Conseil général contribuait financièrement à la réalisation de l’étude « Insomnia », une étude menée conjointement par l’Advocnar1 et le CSNA2 qui a confirmé l'impact sanitaire des mouvements aériens nocturnes, déjà démontré dans d'autres pays. Quant aux nuisances sonores de l'aérodrome de Cormeilles-Pontoise, le Conseil général a facilité l'achat et la pose d'un silencieux sur chacun des 18 avions-écoles de cet aérodrome. Cet équipement a diminué les nuisances sonores de la flotte de loisirs de 5 décibels par avion. 1 : Advocnar : Association de Défense Contre les Nuisances Aériennes
2 CSNA : Collectif Santé contre les Nuisances Aériennes

Les protections acoustiques aux abords des routes départementales

Il est un autre registre d’action, celui des nuisances sonores occasionnées par le trafic automobile, sur lequel le Conseil général n’est pas en reste. Depuis 1994, la collectivité mène une politique de lutte contre le bruit routier au niveau des points noirs situés en bordure des routes départementales (où le trafic excède 5000 véhicules par jour). Il s'agit de protéger les logements soumis à des nuisances sonores de plus de 65 dB et les établissements d'enseignement et de santé exposés à des niveaux de plus de 60 dB. Pour ce faire, trois outils sont à sa disposition, en fonction du trafic, de l'aire traversée et des vitesses des véhicules : la construction d'écrans ou de merlons le long des routes, l'insonorisation des façades des bâtiments publics ou privés et la pose d'enrobés peu bruyants. Le bilan des protections construites :

Année
Commune
Nature des protections
2003 Pontoise (quartier des Louvrais le long de la RD 915) Ecran de 2,50 m de haut et 266 m de longueur ainsi qu'un merlon d'une hauteur variant de 1 m à 5 m sur 107 m de long
2004 Saint-Gratien (RD 14 et RD 109) Ecran de 3,50 m de haut et de 150 m de long
Taverny (RD 407) Ecran de 2,50 m de haut sur 745 m de long.
Des écrans et merlons sont déposés, après dépôt d'une plainte des riverains de la route départementale (dans une bande de 250 m)

Le recours aux enrobés peu bruyants se fait quant à lui lors des campagnes de réhabilitation et d'entretien des voies. Il permet d'atteindre des atténuations de bruit comprises entre 3 à 8 dB. Enfin, la création de nouvelles voies et l'aménagement de carrefours sur des voies existantes peuvent engendrer de nouvelles nuisances acoustiques. Le Conseil général procède alors d'office à des travaux de protection. Dans ce cadre précis, il a réalisé, aux cours des années 2003-2004, au pôle d'Ermont-gare, un écran de 2,30 m de haut sur 102 m de long. Dernier point, le Conseil général finance aussi à hauteur de 75 %, les travaux d'insonorisation des façades pour les établissements publics des collectivités et à 50 %, ceux des particuliers. On notera pour finir que l’Agence départementale de l’environnement du Val d’Oise a publié le Guide 2005 des acteurs de l’environnement en Val d’Oise. Troisième édition, ce répertoire permet de d’identifier et de contacter les nombreux acteurs de l’environnement en Val d’Oise.

Source : www.valdoise.fr