Régionales en Ile-de-France : rude concurrence autour de l'environnement

Petit tour d’horizon des volets environnement des programmes de quatre candidats majeurs des élections régionales en Ile-de-France.

Entre Jean-Paul Huchon « prêt à se coucher sur les pistes de Roissy » si les nuisances sonores augmentent, Marine Le Pen qui souhaite « sortir de l’idéologie du tout collectif pour les transports », André Santini, qui veut faire de la Région la « première éco-métropole d’Europe » et Jean-François Copé qui veut planter un arbre chaque fois qu’un Francilien vient au monde, les candidats aux élections régionales en Ile-de-France rivalisent de petites phrases à forte teneur environnementaliste. Rien d’étonnant à cela, quand tous les sondages indiquent que les Franciliens sont de plus en plus attachés à la défense de leur environnement. Dans un entretien à Radio Classique, le président socialiste du Conseil régional d'Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, s'est dit refuser « l'extension du trafic à Roissy au-delà des normes fixées par le précédent gouvernement de Lionel Jospin ». Le tête de liste PS-Verts se prononce pour le transfert du fret sur la plateforme de Vatry, dans la Marne. Il penche également pour le couvre-feu la nuit à Roissy. Face à l'augmentation prévisible du trafic aérien et au risque de saturation de Roissy, le candidat socialiste préconise la création d’une troisième plateforme, qui ne peut être « qu'en dehors de l'Ile-de-France » ou alors à l'international, « au confluent de la Belgique, de la France et du Luxembourg ». Il ajoute qu’il convient de « développer très fortement et avec un volontarisme massif les TGV de manière à résorber le trafic aérien national et réserver le transport aérien au transport intercontinental ». Enfin, la vision environnementale de cette liste repose sur le concept d’écorégion, que Les Verts et Jean-Paul Huchon voient comme « une région où l’on fait baisser la pollution et où l’on prête davantage attention à la qualité écologique et environnementale ». Prenant le contre-pied de la politique prônée par Huchon en matière de transports, Marine Le Pen défend quant à elle la voiture. Présentant son programme au micro de Guillaume Durand sur Europe 1, la candidate du Front national a déclaré soutenir les automobilistes : « Il faut sortir de l’idéologie du tout collectif pour les transports ». Marine Le Pen, par ailleurs, ne promet pas de nouvelles lignes de chemin de fer, mais des trains « sûrs, propres et qui arrivent à l’heure ». Quant à André Santini, dont la tête de liste à Paris n’est autre que l’ex-ministre de l’environnement Corinne Lepage, c'est dans le domaine de la mobilité qu'il a lancé sa suggestion la plus innovante : une nouvelle ligne de métro régional qui relierait Yvelines et Seine-Saint-Denis, via un tunnel de 4,5 km creusé entre la gare Montparnasse et Haussmann. Sinon, le candidat UDF entend faire un effort particulier sur la pollution atmosphérique. Selon M. Santini, en conjuguant cette mesure avec la lutte contre le bruit, la surveillance de la qualité de l’eau et l’élimination totale des déchets, « l’Ile de France peut devenir la première éco-métropole d’Europe ». Jean-François Copé, tête de liste UMP, entend quant à lui changer la vie quotidienne des Franciliens : service minimum dans les transports en commun, passage progressif à la carte orange à 45 € et aux transports la nuit le week-end, installation de « Bruitparif » sur le modèle de l'agence de surveillance de la pollution atmosphérique Airparif – une idée dont M. Copé et M. Huchon se disputent la paternité – et plantation d'un arbre pour chaque naissance. Sur le front des nuisances aéroportuaires, en se refusant à la création d’une nouvelle piste à Roissy, Jean-François Copé rejoint le point de vue de Jean-Paul Huchon. Il donne sa préférence à la création d'un troisième réseau aéroportuaire reposant sur les plates-formes de province et sur celle de Vatry pour le fret. Le candidat UMP entend compléter ces mesures par la mise en œuvre d'un plan de lutte contre les nuisances des avions et la création de communautés aéroportuaires à Roissy et Orly pour « mettre enfin un coup d'arrêt à l'une des principales nuisances des habitants de notre région ».