Serge Lepeltier nouveau ministre de l’écologie

Le sénateur-maire de Bourges prend le relais de Roselyne Bachelot aux commandes du ministère de l’écologie et du développement durable. Son engagement au sein du Conseil national du bruit et ses initiatives volontaristes dans sa ville laissent à penser que ce féru d’environnement saura amplifier les efforts réalisés par le ministère de l’écologie sur le front de la gestion du bruit.

Longtemps surnommé « l’écolo du RPR », Serge Lepeltier est reconnu comme un spécialiste des questions d’environnement. Ses travaux sur le développement durable et le réchauffement climatique ont d’ailleurs constitué une source d’inspiration pour Jacques Chirac dans son positionnement écologique : du discours fondateur du chef de l’Etat à Johannesburg à l’esprit de la charte sur l’environnement, l’empreinte des réflexions inspirées par Serge Lepeltier est palpable. Il a été secrétaire national du RPR chargé de l'environnement en 2000 et 2001 et a représenté son parti lors du Forum altermondialiste de Porte Alegre en janvier 2002. Au Sénat, il est membre des groupes d'études sur l'élevage, l'énergie et la gestion des déchets. En janvier 2004, il a remis à Jean-Pierre Raffarin un rapport sur le futur Observatoire de la mondialisation annoncé par Jacques Chirac, dont la création est attendue pour 2005. La sensibilisation du sénateur-maire de Bourges aux enjeux de la qualité de l’environnement sonore n’est plus à démontrer. Membre du Conseil national du bruit depuis 2001, M. Lepeltier a su faire preuve dans sa ville d’un engagement volontariste et d’une implication des citoyens qui font de Bourges un exemple de bonne gestion sonore. On en veut pour preuve le colloque « Gestion du bruit dans la ville » organisé à Bourges en septembre 2003, en collaboration avec le CIDB et sous l’égide du ministère de l’écologie. Ou son intervention très remarquée lors du colloque anniversaire des 10 ans de la loi bruit, au cours de laquelle M. Lepeltier avait souligné l’importance d’une approche globale dans la réduction des nuisances sonores. Selon lui, faute de plans d’action globale, les maires se retrouvent confrontés à des paradoxes qui compliquent grandement la mise en place d’une politique cohérente de lutte contre le bruit. Entre autres exemples, il avait en effet évoqué le lien presque inévitable entre l’adoption de voies piétonnes et la multiplication des plaintes pour tapage nocturne ; ou le fait que les interdictions de stationner sur certaines voies se traduisent par une augmentation du bruit, à cause de la vitesse accrue des véhicules. Il serait donc logique de penser que ce fin connaisseur de la problématique du bruit trouvera les moyens de poursuivre et d’amplifier l’action du ministère de l’écologie en matière de gestion de l’environnement sonore, en particulier à travers la mise en œuvre effective du plan national d’actions contre le bruit lancé en octobre 2003 par Mme Bachelot. Autre défi de taille à relever, la transposition en droit français de la directive européenne 2002/49/CE : maintenant qu’a été adoptée la loi habilitant le gouvernement à transposer par ordonnances des directives communautaires, la directive sur la gestion du bruit dans l’environnement doit être transposée avant la fin de l’année.