Après 40 jours de confinement : les composantes de l’environnement sonore

Après 40 jours de confinement, à quoi ressemble notre environnement sonore ? Les premières semaines ont été l'occasion de faire une découverte : Lorsque l'activité humaine est réduite au strict nécessaire, le bruit laisse place au quasi silence, le chant des oiseaux est de nouveau perceptible et l'on doit apprendre à vivre avec le bruit de nos voisins. Durant le mois d’avril, les émissions sonores, notamment ferroviaires et aériennes, ont encore fortement baissé.

un mois de confinementEn Ile-de-France, un silence inhabituel persiste

L'association Bruitparif continue d'observer une forte baisse des émissions sonores le long des axes routiers ainsi que dans les quartiers animés de la ville de Paris. Le long des axes routiers, Bruitparif a observé une chute de 60 à 90 % des émissions sonores. De même, les quartiers animés de la capitale sont toujours désertés puisque les bars et restaurants restent fermés.
Le bruit aérien a lui aussi quasiment disparu depuis le 1er avril avec la fermeture partielle de l'aéroport d'Orly (Sud) et la diminution du nombre de survols à l'aéroport Charles de Gaulle (Nord). Le bruit ferroviaire a également fortement baissé depuis le début avril du fait de la réduction du trafic. Consulter l'ensemble du rapport de Bruitparif "16/04/2020 - Les effets du confinement sur le bruit en Ile-de-France - Bilan 1 mois".
 

Notre perception du paysage sonore a changé

Acoucité avait lancé début avril une enquête en ligne sur la perception de l’environnement sonore en situation de confinement. L'association a publié les premiers résultats de l'enquête au 23 avril 2020. 1005 personnes en France et à l'étranger ont répondu au questionnaire. Depuis le confinement, les sons d’origine naturelle sont devenus prépondérants, suivis pas les sons venant du voisinage puis le bruit routier, qui reste la première source de bruit des transports la plus fréquemment perçue. Pour 63 % des sondés, le changement de leur environnement sonore est agréable. Un article à paraître prochainement sur www.bruit.fr viendra compléter cette analyse.

Dans toute la France, des arrêtés municipaux sur les nuisances sonores

Afin de préserver le sommeil des soignants, des maires ont pris un arrêté municipal pour limiter les nuisances sonores diurnes des engins bruyants (tondeuses, engins de bricolage et de jardinage). C'est le cas de la ville de Morlaix et de la ville de Grenoble.
Le maire de Villeurbanne a également pris un arrêté pour limiter les nuisances sonores des chantiers pendant les heures "de bureau". Jusqu'à la fin de la période de confinement, les chantiers sont restreints en termes d'horaires (de 9h à 12h et de 14h à 17h) et interdits les week-ends et jours fériés.
 
Au titre de la police spéciale, le maire peut effectivement prendre un arrêté municipal pour limiter les nuisances sonores afin de garantir la tranquillité publique sur le territoire de sa commune. Afin de ne pas priver ses administrés de libertés individuelles, le maire doit adapter ses mesures aux circonstances locales. De plus, ses mesures ne doivent être ni générales ni absolues. Pour cela, il est nécessaire de limiter l'interdiction à certains engins seulement et/ou fixer des horaires précis.

Stop Blues

Le confinement peut être vécu difficilement par certaines personnes isolées des bruits de la vie courante ou soumis aux bruits des voisins. Cette période de repli peut entraîner des états émotionnels négatifs ou des situations de mal-être (déprime, blues). Pour éviter que cette situation s’installe durablement, l’INSERM propose une application et un site internet pour permettre à chacun d’évaluer sa propre situation et de proposer des solutions. Ce site recense aussi les professionnels à votre écoute près de chez vous.
 

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