Le projet de PPBE de Paris en consultation publique

Le Conseil de Paris a approuvé le projet de Plan de Prévention du Bruit dans l’Environnement de la Ville de Paris. Le document fera l'objet d'une consultation publique du 2 avril au 2 juin 2015.

cartographie-paris-2015Le Conseil de Paris a approuvé le projet de Plan de Prévention du Bruit dans l’Environnement de la Ville de Paris. Le document fera l'objet d'une consultation publique du 2 avril au 2 juin 2015.

Le Conseil de Paris a approuvé lundi 16 mars 2015 le projet de Plan de Prévention du Bruit dans l’Environnement soumis par Célia Blauel, adjointe à la Maire en charge de l’environnement. Le PPBE, exigé par l’Europe dans le cadre de la directive 2002/49, fera l'objet d'une consultation publique du 2 avril au 2 juin.

Un registre permettant de recueillir les avis des Parisiens est ouvert dans les mairies du 1er, 2ème, 9ème,13ème, 14ème, 15ème, 16ème, 19ème, 20ème arrondissements. Pour les autres arrondissements, et pour tous ceux qui ne peuvent se déplacer, la consultation peut se faire directement sur Paris.fr. A cette occasion la carte du bruit a été mise à jour et sera disponible dès le 18 mars,. Elle comporte des modules de navigation totalement nouveaux et beaucoup plus conviviaux.

Paris est la capitale la plus dense d’Europe ; elle concentre 2,25 millions d’habitants et 1,7 millions d’emplois sur 105 km2 (bois compris) soit 21 400 hab/km. Plus de 12,2 millions de déplacements sont effectués chaque jour dans Paris ou entre Paris et le reste de l’Ile-de-France. Si l’on y soustrait les déplacements effectués à pied, majoritaires dans Paris, et à vélo, on compte 7 millions de déplacements effectués en transports en commun, voitures et deux-roues motorisés.

Pour assurer l’ensemble de ces déplacements, le territoire parisien comporte d’importantes infrastructures de transport :

  • 1700 km de réseau routier communal (soit 6290 voies parisiennes hors bois) ;
  • le boulevard périphérique, voie rapide urbaine de 35 km de long,
  • 7 gares ferroviaires de voyageurs et marchandises,
  • 1 réseau de trains de banlieue (Transilien) correspondant à 746 millions de voyages par an ;
  • 16 lignes de métro et 5 lignes de RER pour 1 996 millions de voyages ;
  • 65 lignes de bus RATP et le tramway des Maréchaux soit 406 millions de voyages par an ;
  • 1 service de bus nocturne (Noctilien) pour 8,5 millions de voyages par an ;
  • l’héliport (Paris-Issy-les-Moulineaux) ;
  • 11 ports de marchandises sur la Seine ;
  • 9 halles de fret ferroviaires. 

Les cartes de bruit routier de Paris, mises à jour dans le même temps et désormais disponibles sur le site de la mairie Paris.fr,, avec de nouveaux modules de navigation beaucoup plus conviviaux (voir dernier paragraphe ci-dessous), confirment l’exposition des Parisiens sur les axes de circulation et notamment à proximité du boulevard périphérique. Au total, 11% des Parisiens (231 000 personnes) résident dans un environnement sonore que l’on peut qualifier de bruyant à cause du trafic routier, ce qui correspond à un niveau LDEN supérieur à 68 dB(A) en façade.

L’enjeu du bruit lié aux infrastructures routières est donc particulièrement important pour Paris. Le plan comporte 34 mesures à mener de 2015 à 2020, regroupées en trois thèmes : « Évaluer »,« Sensibiliser » et « Agir ».

Le thème « Évaluer » vise à une meilleure compréhension de l’origine et de l’ampleur de certaines nuisances sonores :

  • Mesurer le bruit en installant deux nouvelles stations permanentes de mesure du bruit routier
  • Réaliser une campagne de mesure des émissions sonores des deux-roues motorisés
  • Préparer une cartographie du bruit routier homogène à l’échelle régionale - Mieux connaître les attentes des Parisiens en faisant réaliser par un institut de sondage une enquête globale bisannuelle de ressenti (baromètre de l’environnement sonore)
  • Mieux connaître le trafic routier dans sa composante « émissions sonores », en lien avec les études d’aménagement et d’amélioration de la qualité de l’air - Connaître et regrouper l’ensemble des plaintes liées au transport, routier et ferroviaire (RATP, SNCF, RFF, CIDB, Bruitparif, Ville de Paris, Préfecture de Police, etc)
  • Connaître les émissions sonores des installations classées pour la protection de l’environnement

Le thème « Sensibiliser » a pour objectif de rappeler à chacun que la qualité de l’environnement sonore est en grande partie une question de comportement, qu’il peut tour à tour être gêneur et gêné et que le bruit est l’affaire de tous, individus et collectivités :

  • Réaliser une campagne de communication sur le comportement des conducteurs
  • Diffuser des messages d’information aux usagers du Périphérique sur l’impact sonore de la vitesse la nuit
  • Publier les mesures acoustiques de la Ville de Paris sur le site « Noise in EU »
  • Sensibiliser les conducteurs des véhicules d’urgence sur l’utilisation des avertisseurs sonores spéciaux
  • Faciliter le développement du Label Certibruit « livraison silencieuse »

Le thème « Agir » a pour but d’améliorer l’environnement sonore en priorisant la suppression ou l’atténuation des sources de bruit routier, à travers l’aménagement de l’espace public, le développement des mobilités durables et l’amélioration des véhicules :

  • Intégrer le boulevard périphérique dans l’environnement urbainAménager l’espace public (grandes places, berges de Seine), en redistribuant l’espace au profit des piétons et de la vie locale et en intégrant les questions d’ambiance sonore dès la conception.
  • Réduire la vitesse des véhicules au profit de la réduction du bruit, de la sécurité et la qualité de l’air en généralisant le statut de zone 30
  • Envisager une expérimentation d’enrobés phoniques sur les plus bruyants des grands axes de circulation restés à 50 km/h
  • Créer des Zones à Trafic Limité, secteurs fermés à la circulation automobile à certains horaires pour y favoriser la vie de quartier
  • Améliorer l’offre de transport collectif en redistribuant l’espace public (prolongement de la ligne 14, prolongement du tramway des maréchaux, liaisons à haut niveau de service entre les gares et sur les quais)
  • Développer les modes actifs (marche à pied et vélo), notamment aux portes de Paris
  • Développer une approche fonctionnelle des déplacements avec Autolib', Velib', l’autopartage et la création d’un pass mobilité
  • Favoriser le développement de véhicules moins bruyants
  • Renforcer le contrôle acoustique des motocyclettes et vélomoteurs (Le parc de deux roues motorisés est passé de 62.000 en 2001 à 83.000 en 2010 soit une augmentation de34%. En 2010, 6.000 contrôles de bruit ont été réalisés par les agents de la préfecture de police, dont 3.650 sur les motos et cyclomoteurs. 2.400 PV en ont résulté dont 1.900 pour les motos).
  • Profiter du renforcement des normes d’émissions sonores des nouveaux véhicules en favorisant le renouvellement des véhicules les plus anciens, plus polluants mais également plus bruyants 
  • Étudier la réduction du transit des poids lourds sur le boulevard périphérique
  • Étudier l’interdiction des vols commerciaux de tourisme sur l’héliport de Paris, dans l’attente d’une reconversion du terrain
  • Intégrer les objectifs de qualité de l’environnement sonore dans les dispositions du PLU en contribuant à la réduction et la prévention du bruit
  • Faire profiter plus de Parisiens d’un environnement sonore remarquable grâce à l’aménagement de la Petite ceinture
  • Délimiter les secteurs affectés par le bruit et les prescriptions qui s’y appliquent après la mise à jour du classement acoustique des voies (qui sera publié en 2015)
  • Améliorer le confort acoustique du parc de logement social ancien en intégrant la dimension acoustique dans les rénovations thermiques du Plan climat
  • Veiller à ce que les rénovations thermiques du parc de logements privés anciens intègrent l’acoustique en fournissant des conseils en compatibilité thermique/ acoustique
  • S’assurer du confort acoustique des nouveaux logements sociaux en rendant obligatoire l’option acoustique des certifications de qualité

Avec ce document, Paris entend ainsi intégrer les questions de qualité de l’environnement sonore à ses politiques de mobilité, d’aménagement de l’espace public, d’urbanisme et de logement.

Une cartographie du bruit plus précise

Paris a déjà publié des cartes de bruit en 2003, 2004 et 2007. Ces cartes viennent d'être mises à jour. Outils de calculs d'émissions mis à jour et reflétant l’amélioration des performances acoustiques des motorisations des véhicules légers et lourds, données de trafic, de vitesse et de relief  affinées, répartition de la population revue à l’échelle du bâtiment et non de l’îlot, les nouvelles cartes ont gagné en précision. 

Accéder aux cartes du bruit routier à Paris 2015

Consulter le projet de Plan de prévention du bruit dans l'environnement (site de la Ville de Paris - format PDF - 5 Mo)