Un mur antibruit façon Origami

L’esthétique des écrans anti-bruit se heurte à une difficulté fondamentale : comment allier l’amélioration de l’environnement sonore sans la culpabilisation de détériorer le paysage ? Le plus souvent, bruit et confort, visuel et sonore, fonctionnel et esthétique sont renvoyés dos à dos. De novembre 2005 à avril 2006, l’équipe dirigée par Pascal Amphoux, sous maîtrise d’ouvrage de la DDE de la Loire, a travaillé à l’élaboration d’une charte design pour la conception de protections antibruit le long des voies rapides urbaines de l’agglomération stéphanoise. Ce projet innovant, dénommé Runninghami, s’inspire du fameux art japonais du pliage, qui allie visuel et performance. Le principe : des feuilles d’aluminium pliées de façon à former un ensemble rigide et bloquer les vibrations acoustiques. Les avantages ? L’économie de fondations profondes, la facilité d’installation et une certaine ductilité en cas de choc qui n’endommagera pas les véhicules.

Les concepteurs entendent donc ne pas se borner à compenser la nuisance environnementale mais à requalifier le paysage sonore traversé, en restituant des espaces sonores contrastés, d’animation, de calme ou de silence. La dimension sociale, trop souvent oubliée, est également partie prenante de la démarche : rendre possible des usages, des fonctions ou des aménagements nouveaux, et non pas réparer seulement les dommages subis par les riverains.

L’étude s’est concrétisée par trois dossiers composant les trois niveaux de la charte design sonore entre lesquels le concepteur devra naviguer pour recontextualiser, dans le temps et dans l’espace, chaque projet concret et singulier.www.design-public.net/article.php3?id_article=44