Installation sonore au Grand-Palais : encore quelques jours pour profiter de l’événement

Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture et de la communication, a annoncé fin août la réouverture pour une quinzaine de jours de la nef du Grand Palais à l'occasion des Journées européennes du patrimoine. A cette occasion, une manifestation culturelle ouverte à tous, tous les jours de midi à minuit est programmée, associant une création contemporaine à notre patrimoine le plus emblématique.

Les Globes de Coronelli

Les deux globes de Coronelli, considérés comme les plus beaux jamais réalisés, furent commandés par le cardinal d'Estrées, ambassadeur de Louis XIV à la cour de Rome à Vincenzo Coronelli, franciscain du couvent des Fratri de Venise, pour les offrir au Roi. Les Globes furent réalisés à Paris entre 1681 et 1683. Ils étaient les plus grands construits jusqu'alors : d'un diamètre mesurant 4,87 m (méridiens et cercles d'horizons inclus), ils pèsent environ 2 tonnes chacun. Ils offrent une représentation complète et synthétique de la Terre et du Ciel, appuyée sur un savoir encyclopédique et un répertoire des curiosités du temps. Depuis le début du XXe siècle, ces Globes n'ont été montrés qu'une seule fois au public, voilà vingt-cinq ans, lors de l'exposition Cartes et Figures de la Terre, au Centre Georges Pompidou, et ils sont restés stockés depuis à la Cité des Sciences et de l'Industrie.

Ondes visibles

Cette création lumineuse et sonore de Thierry Dreyfus et Frédéric Sanchez invite à redécouvrir le bâtiment et plus particulièrement la nef. Elle impose l'évidence émotionnelle de la verrière et inscrit à nouveau le monument comme un élément majeur au cœur de Paris. L'émotion naît de l'inversion des rôles : là où le patrimoine historique sert habituellement de décor à la création contemporaine, l'installation utilise des éléments impalpables pour devenir un écrin accueillant lui-même le patrimoine. L'installation lumineuse et l'installation sonore, jouant l'une avec l'autre, constituent une création unique qui invite à entrer dans un parcours onirique.

L'installation lumineuse

Thierry Dreyfus invite les visiteurs à circuler dans une galerie abstraite. De grands miroirs installés en plans inclinés au sol de la Nef reflètent la verrière et le ciel de Paris donnant la sensation de marcher dans la verrière. L'installation diurne utilise uniquement la lumière naturelle qui traverse l'immensité transparente de la verrière et se reflète dans la galerie de miroirs. Au centre, sous la coupole, les visiteurs peuvent s'allonger sur des monolithes recouverts de mousse disposés en cercle et perdre la notion de pesanteur en s'abandonnant. À la tombée du jour, les miroirs capturent rayons et couleurs du coucher de soleil et l'ajout d'ondes lumineuses prolonge la magie de la lumière du jour et reconnecte les ondes lumineuses et les ondes musicales.

L'installation sonore

Frédéric Sanchez a créé un espace sonore unique fondé sur une musique très contemporaine. Sur cette architecture électronique viennent se poser des éléments empruntés au patrimoine musical français des cinq derniers siècles. Il s'agit de montrer que le génie historique et la création contemporaine peuvent se nourrir mutuellement et que, sans renier son passé, on doit continuer à construire son histoire.

La pièce sonore se compose de trois entités. A l'extérieur du bâtiment, le visiteur passe par un sas faisant le lien entre la ville et le monument. Cette antichambre sonore le prépare à entrer dans un espace de rêverie, de contemplation et de voyage. À l'intérieur de la Nef, un mixage de sons électroniques et électriques délimite l'espace. Sur ce fond viennent s'accrocher des bruits naturels de vents, d'orage, de cloches... laissant au visiteur l'impression de paysage, contrebalançant l'immensité de la verrière et du ciel par un panoramique sonore. Au centre, le long des miroirs un système de multi diffusion accompagne la marche du visiteur. Le son ainsi diffusé et la lumière reflétée agissent de concert pour procurer un sentiment d'unité et d'infini. Depuis 1988 , créateurs et maisons de mode du monde entier font appel à Frédéric Sanchez pour créer les bandes sonores de leurs défilés. Parallèlement, il collabore avec des artistes des) et des cinéastes. Il conçoit également des œuvres indépendantes : pièces sonores, vidéos et installations. pour : Air France, Peugeot, Baccarat, Cartier, H&M…

Les travaux de restauration : 101,36 millions d'euros financés par le ministère de la culture et de la communication. Construit à l'occasion de l'exposition universelle de 1900, le Grand Palais est fermé depuis 1993. Après plusieurs années d'études, une première phase de travaux de 72,3 millions d'euros financés par le ministère de la culture et de la communication, de 2001 à fin 2004, a porté sur les fondations de la partie sud et de la nef et a conforté la totalité des charpentes métalliques de la nef, des toitures, des verrières et la restauration des Quadriges de Récipon. La deuxième phase des travaux (restauration des façades, des éléments sculptés et des mosaïques notamment) s'achèvera en 2007. Le budget total des travaux s'élève à 101,36 millions d'euros.

Un lieu qui restera dédié aux manifestations culturelles : le Grand Palais retrouve sa vocation initiale destinée à l'accueil de manifestations culturelles et d'événements exceptionnels. Sont d'ores et déjà prévus : une exposition exceptionnelle de la Foire Internationale d’Art Contemporain (FIAC) du 5 au 10 octobre et les défilés de couture des maisons Dior, Chanel et Yves Saint Laurent.