Quatrième édition de la Semaine du Son

« Notre environnement sonore existe, il doit être protégé et parfois même restauré. Nos capacités auditives étant limitées et fragiles, il nous faut les exercer et les préserver pour être et pour rester à l’écoute des autres et du monde  ». C’est en ces termes que Christian Hugonnet, président fondateur de l’association La Semaine du Son, précise sa conception du monde sonore et souligne la nécessité impérieuse qu’il y a à le préserver et à l’améliorer. L’association regroupe des professionnels du son (musiciens, ingénieurs du son, acousticiens, médecins spécialistes) qui souhaitent sensibiliser le public au son, à la qualité de l'environnement sonore et à son importance dans l'épanouissement de la vie de chacun et de tous.

Chaque année depuis 2003, elle organise en janvier une semaine de manifestations liées au son, ouverte à tous. Tout récent Décibel d’Or 2006, dans la catégorie « Sensibilisation et éducation », la Semaine du Son bénéficie cette année du parrainage d’une artiste qui, elle aussi, truste les récompenses, en la personne d’Emilie Simon (victoire de la musique 2004 et 2006, César 2006 de la meilleure bande originale de film pour La marche de l’empereur). Rencontres, ateliers, écoutes et projections permettront, pour cette quatrième édition, d’aborder cinq enjeux actuels liés au son.

Comment prolonger le travail du home studio vers le spectacle vivant ? C’est une des interrogations à laquelle tenteront de répondre musiciens, compositeurs et ingénieurs du son lors de la matinée consacrée à l’évolution du home studio et animée par Christophe Martin de Montagu, responsable de la valorisation scientifique et industrielle à l’IRCAM. Le deuxième volet de cette journée abordera également les enjeux du MP3, précisera les bonnes et mauvaises raisons d’utiliser le MP3, et se posera notamment la question de savoir si le MP3 est susceptible de supplanter le CD. Dans le dossier de presse de la Semaine du son, les propos du journaliste Franck Arnould sur la différence entre le CD et le MP3, augurent d’un débat pour le moins animé : [Le grand public] « ne perçoit pas forcément la différence, puisqu’il écoute souvent la musique sur des installations médiocres (la faute aux fabricants !), et que ses oreilles ont été remodelées et habituées à l’artifice (compression, égalisation…) par vingt ans de trafic sonore institutionnel des musiques diffusées sur la bande FM  ».

La journée consacrée au son à la télévision sera quant à elle l’occasion de parcourir l’évolution de la qualité sonore des télévisions depuis les années cinquante, du son mono au HD 5.1. ; puis de se pencher sur le thème du cinéma à domicile et des différents modes de réception (satellite, câble, hertzien, portable, ADSL, TNT) et modes d’écoute domestique (multicanal, 1, 2 ou 5 enceintes).

La journée consacrée à la santé et à l’environnement sonore, animée par Alice Debonnet-Lambert, directrice du Centre d’information et de documentation sur le bruit, sera l’occasion de donner un large coup de projecteur sur l’écoute au casque, ses risques, ses avantages, ses aspects médical et sociologique : perception auditive, restitution sonore, typologie des matériels seront abordés, avant qu’une table ronde n’évoque les risques de l’écoute au casque. L’après-midi s’articulera quant à elle autour du thème de l’environnement sonore sur les lieux de travail. Seront passés en revue les différents risques auditifs, la réglementation, les moyens de contrôle et de prévention, la nécessité d’une prise de conscience et les pistes de solution, avant de présenter un exemple de traitement acoustique adapté.

Au programme de la quatrième journée de la semaine, plus résolument tournée vers l’esthétique des sons : la couleur des sons et la reconnaissance des timbres. Qu’est-ce que le timbre d’un instrument ? Comment reconnaître le timbre d’une voix, d’un instrument ? Autant de questions que cette journée abordera en détail.

L’après-midi du samedi 20 janvier, animée par Bruno Letort, compositeur, producteur à France Musique et responsable des labels de Radio France, il sera question de la transmission orale de la musique. Au programme : fonction et rôle social de la transmission orale à travers l’exemple de chorales de femmes au Bénin, et d’hommes au Sénégal ; l’oralité dans le jazz et l’importance de la conservation des sons à travers l’exemple des sonothèques de Radio France et de RFO. Enfin, l’importance de la transmission de la musique aux enfants sera illustrée par une présentation de l’opération « Orchestre à l’école » menée dans toute la France.

A Paris, les cinq lieux partenaires sont l’Ircam, le Palais de la Découverte, TF1, Radio France et le musée du quai Branly.

En région, la Semaine du Son fera preuve de la même conviction que dans la capitale. A Chalon-sur-Saône, Albi, Toulouse, Bar-le-Duc, Digne-les-Bains, Fontenay-le-Comte, Nice, Arles, Rodez, Rueil-Malmaison, Cergy-Pontoise, Dunkerque, Lencloître, Ornans, Besançon, conférences, débats, présentation d’initiatives pédagogiques, ateliers de prise de son, présentation de déclinaisons du dispositif « Orchestre à l’école », séances d’écoute, concerts pédagogiques… se tiendront autour des cinq thèmes évoqués plus haut.La Semaine du Son - 16 au 20 janvier 2007 - www.lasemaineduson.org