Les jeunes et la musique amplifiée : le CIDB mène l’enquête dans les lycées franciliens

La Région Ile-de-France vient de présenter les résultats de la campagne de sensibilisation « Écoute ton lycée ». Cette opération avait un double objectif : sensibiliser à la qualité sonore dans les établissements et faire prendre conscience des risques auditifs liés à la pratique ou à l’écoute des musiques amplifiées. Le CIDB, partenaire de cette opération avec Bruitparif, 01dB et le RIF, a mené une vaste enquête portant sur plus de 2000 élèves et plusieurs centaines de personnels d’encadrement. Principale vocation de cette enquête : apprécier le vécu sonore des lycéens, ainsi que du personnel enseignant, technique et administratif, à l’intérieur et à l’extérieur des établissements. Cette enquête a été aussi l’occasion d’évaluer les connaissances des lycéens sur les risques auditifs qu’ils encourent sans le savoir au cours de leurs loisirs, compte tenu de leur goût pour l’écoute et la pratique des musiques amplifiées à des niveaux sonores élevés.

Premier enseignement de cette enquête : la connaissance des risques n’entraîne pas forcément des comportements de prévention. De fait, la plupart des jeunes interrogés n’ignorent pas les risques qu’ils font encourir à leur audition, mais il semble que ce risque soit considéré comme plus faible pour eux-mêmes que pour les autres. Les comportements de prévention semblent fortement influencés par des facteurs individuels, sociaux et contextuels tels que les préférences musicales ou le fait de jouer dans un groupe. Les résultats montent une pratique des niveaux sonores élevés plus intense (en durée et en intensité) que celle des garçons. Dans les lycées, la cantine et les couloirs sont les lieux perçus comme bruyants par une majorité d’élèves et de personnels d’encadrement. Pour un quart des adolescents interrogés et près du tiers des adultes, il n’existe aucun lieu dans leur établissement qui leur permette de se détendre. Pourtant, le bruit dans le lycée n’est pas considéré comme gênant par les élèves, et seule une minorité d’entre eux pense que le bruit à l’école peut affecter leur santé. Paradoxalement, une majorité d’élèves reconnaissent avoir fait l’expérience de difficultés de concentration ou ressenti de la fatigue en raison du bruit. Ces résultats confirment ceux d’études précédentes qui montrent, quand bien même les élèves ne se disent pas gênés par le bruit, que des perturbations dans les apprentissages peuvent détériorer à plus ou plus long terme les performances scolaires.Lire les résultats de l’enquête (format pdf, 95 Ko)